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Opération sous hypnose : « J’ai revécu ma plongée sous-marine »

La méthode d’hypnosédation présente de nombreux avantages par rapport à l’anesthésie générale. Témoignage de Pascal Desponds, un patient opéré à Yverdon-les-Bains.

Nausée, vomissements et douleurs post-opératoires : c’est pour limiter ces effets secondaires que Cosimo Scarpa, médecin-chef du service de chirurgie des Établissements hospitaliers du Nord vaudois offre, depuis septembre 2018, une alternative à l’anesthésie générale. L’hypnosédation est une technique qui permet d’associer l’hypnose à une anesthésie locale afin d’éviter la narcose générale. Ce procédé est avantageux à plusieurs niveaux : il permet au patient de se détendre avant de subir l’intervention. « Pendant l’opération, la réduction des tensions grâce à l’hypnose permet de faciliter le travail du chirurgien. Finalement, après l’acte chirurgical, le réveil est moins brutal pour le corps, les douleurs amoindries et la prise de médicaments est souvent écourtée », précise le spécialiste.

Opéré pour le retrait de polypes intestinaux à l’hôpital d’Yverdon-les-Bains, Pascal Desponds, 61 ans, s’est laissé convaincre par l’intervention chirurgicale sous hypnose. « Je n’avais jamais entendu parler de cette possibilité. Je ne suis pas un adepte de la méditation ou du yoga et je n’avais pas essayé l’hypnose auparavant. C’est ma curiosité qui m’a d’abord poussé à accepter cette alternative. »

Pascal Desponds
Pascal Desponds, patient opéré à l'hôpital d'Yverdon-les-Bains

Suite à un premier rendez-vous préparatoire, Pascal Desponds confirme son choix le jour de l’intervention et l’hypnose peut commencer. « Pour me plonger dans cet état de conscience modifié, l’anesthésiste m’a simplement demandé de me souvenir d’une belle chose de ma vie. C’est sans hésiter que j’ai choisi de lui raconter mon aventure de plongée sous-marine dans la mer Rouge. » Durant toute l’opération il est accompagné par l’anesthésiste qui se charge de maintenir l’état d’hypnose en lui posant des questions pour prolonger le récit, si nécessaire.

« C’était une expérience particulièrement déroutante. J’ai véritablement revécu ma plongée sous-marine dans les moindres détails, mais je pouvais en même temps suivre l’opération en train de se faire. J’ai vu tout ce qui se passait autour de moi, tout en racontant à haute voix mon aventure de plongée. » Durant l’intervention, Pascal Desponds ne ressent aucune douleur, simplement quelques picotements. Et c’est surtoutau moment du réveil que le patienta pu éprouver les avantages de cette technique. « J’avais déjà subi quelques petites opérations chirurgicales auparavant et c’est la première fois que le réveil était aussi agréable. Vingt minutes après la fin de l’opération je pouvais déjà lire mon bouquin ! »

« Éviter les effets secondaires de la narcose est un vrai luxe. »

L’Yverdonnois a facilement accepté de participer à l’expérience, mais il en est revenu avec quelques surprises. « Je dois admettre que j’ai été étonnéque ça fonctionne vraiment, car je suis de nature plutôt cartésienne habituellement. » Selon Pascal Desponds, ce qui prime est la confiance. Si la personne est en situation de rejet, l’hypnose peut être inefficace. Mais, pour lui, le verdict est résolument positif et c’est une alternative qu’il recommande. « Éviter les effets secondaires de la narcose complète est un vrai luxe. Même si l’opération sous hypnose implique de ne pas être totalement endormi, ce qui peut d’abord paraître inconfortable, ça vaut la peine. Se sentir bien à l’issue de l’intervention est le principal. » 

Texte : Carole Extermann
Photographie : Jeremy Bierer
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