Préserver l’autonomie grâce à la réadaptation gériatrique

20.10.2026

Permettre aux personnes hospitalisées de rentrer chez elles dans les meilleures conditions possibles : c’est l’objectif de la réadaptation gériatrique proposée aux eHnv. Une équipe pluridisciplinaire les accompagne pour retrouver l’autonomie nécessaire à leur quotidien, en fonction de leurs besoins et de leurs objectifs.

« L’objectif est de permettre à la personne de retrouver le meilleur niveau d’autonomie possible »

Récupération par l'exercice en physiothérapie, en réadaptation gératrique
Alex Cuenin, physiothérapeute au eHnv et son patient

 

Après une hospitalisation, retrouver son autonomie représente souvent un défi. Chez les personnes âgées, cette étape est particulièrement délicate, car la récupération est généralement plus lente. Depuis plusieurs années, aux eHnv, une équipe pluridisciplinaire* propose un programme de réadaptation gériatrique permettant d’éviter qu’un souci de santé en engendre d’autres. 

« L’objectif est de permettre à la personne de retrouver le meilleur niveau d’autonomie possible, qui soit réaliste avec son projet de vie », explique le Dr Jean-Stéphane Luiggi, médecin adjoint sur le site de Chamblon. Chaque patiente ou patient a ainsi ses propres besoins en fonction de ce qui compte pour elle ou lui. « Le but n’est pas, par exemple, de faire en sorte qu’une personne puisse marcher un peu plus chaque jour, mais plutôt de lui permettre de réaliser les gestes qui importent pour elle. Cela peut être simplement de pouvoir à nouveau se lever, s’habiller, se déplacer librement chez soi et gérer son quotidien dans de bonnes conditions », précise le médecin.

*L’équipe pluridisciplinaire des eHnv se penche sur tous les aspects de la vie de la personne. Elle est composée de médecins, physiothérapeutes, moniteur·trices en activité physique adaptée, ergothérapeutes, diététicien·nes, psychologues ou neuropsychologues, aumônier·ères, des infirmières de liaison, logopédistes et du personnel soignant.

 

Dr Jean-Stéphane Luiggi, médecin adjoint e médecine générale sur le site de Chamblon aux eHnv
Dr Jean-Stéphane Luiggi, médecin adjoint en médecine générale aux eHnv

Deux types de réadaptation gériatrique

« Nous passons en revue les aspects physiques, psychologiques et cognitifs et prenons également en compte les dimensions spirituelles et sociales »

Lors d’une hospitalisation en soins aigus, les personnes qui en ont la capacité physique peuvent débuter leur réadaptation en parallèle des soins médicaux qu’elles reçoivent. On parle alors de réadaptation gériatrique aiguë (RGA). Elle est destinée à des personnes dont l’épisode aigu est en voie de stabilisation, mais qui restent trop fragiles pour un retour direct à domicile ou pour une réadaptation moins médicalisée. Il s’agit de poursuivre les investigations et les adaptations thérapeutiques nécessaires, tout en commençant très tôt la mobilisation, la rééducation et la préparation de la sortie. 

C’est une réponse particulièrement adaptée lorsqu’une hospitalisation aiguë a entraîné une baisse rapide de la mobilité ou de l’autonomie : après une infection, une chute, une fracture, une décompensation cardiaque ou respiratoire, par exemple. 

« Par le passé, il était courant de s’occuper d’abord du problème médical et, une fois ce dernier réglé, de débuter un programme permettant le retour à la maison. Aujourd’hui, on essaie de raccourcir le plus possible le délai entre l’entrée à l’hôpital et le début de la réadaptation. Cela limite le déclin fonctionnel et permet de récupérer plus rapidement », précise le Dr Luiggi. Aux eHnv, les transferts vers la RGA peuvent venir des urgences, de la médecine interne ou de l’orthopédie des sites d’Yverdon-les-Bains et de Saint-Loup.  

Phyiothérapeute qui aide le patient à mettre sa chaussure de marche avec attelle intégréeMise en place de la chaussure de manière adaptée et vérification par le physiothérapeute des eHnv
Aide à la marche par le physiothérapeute des eHnv pour la réadaptation gériatrique. Exercice physiothérapie avec l'aide du soignant pour la réadaptation gériatrique. Levée de jambe

La réadaptation ne se fait pas toujours dans un contexte de soins aigus. Si le médecin traitant constate une dégradation de l’état de sa ou son patient, il peut faire une demande directement auprès du service de gériatrie. On parle alors de réadaptation classique. 

Dans les deux cas, l’équipe pluridisciplinaire réalise une évaluation globale de la situation de la personne en tenant compte de son lieu de vie, de ses habitudes et de ses besoins une fois de retour chez elle. « Nous passons en revue les aspects physiques, psychologiques et cognitifs et prenons également en compte les dimensions spirituelles et sociales », explique Amadou Djogo Bah, infirmier praticien spécialisé. Les proches et les services de soins à domicile ne sont pas oubliés lors de ce bilan, car ils connaissent le milieu de vie de la personne âgée et sont souvent impliqués dans les soins. 

Discussion entre le médecin, l'infirmière et le patient en réadaptation gériatrique pour l'évaluation de son évolutionMédecin et infrimière en réadaptation gériatrique qui suivent le patient
Anne-Sophie, cadre de proximité en réadaptation gériatrie aiguë et Dr Jean-Stéphane Luiggi, médecin adjoint en médecine interne

Réadaptation gériatrique : quand et pour qui ?

« Les personnes âgées peuvent vite se retrouver dans une situation de fragilité... Cette fragilité entraîne un risque accru de perte d’autonomie »

La réadaptation gériatrique s’adresse aux seniors (plus de 75 ans en moyenne) souvent fragiles, avec plusieurs maladies et une perte récente d’autonomie. « Les personnes âgées peuvent vite se retrouver dans une situation de fragilité caractérisée par une diminution de la capacité à faire face aux événements stressants de la vie tels qu’une maladie nécessitant une hospitalisation, une chute ou un deuil. Cette fragilité entraîne un risque accru de perte d’autonomie. La réadaptation vise à restaurer leur capacité fonctionnelle et à prévenir son déclin », explique Amadou Djogo Bah.

Après le bilan global personnalisé, des exercices de physiothérapie, d’ergothérapie ainsi que la mise à disposition de moyens auxiliaires (canne, déambulateur, aides diverses) sont proposés en fonction des besoins. La dimension sociale n’est pas oubliée. « L’infirmière de liaison se coordonne avec le Centre médico-social proche du domicile de la personne et elle peut aussi lui proposer de fréquenter un Centre d’accueil temporaire (CAT) afin de lutter contre l’isolement », explique Amadou Djogo Bah.

Plus qu'une récupération physique, la réadaptation gériatrique vise à permettre à chaque personne de retrouver les capacités qui lui sont essentielles pour poursuivre son projet de vie.

En pratique

Fin 2026, les personnes en réadaptation gériatrique actuellement accueillies sur le site de Chamblon seront transférées à Orbe (réadaptation classique) ou à Yverdon (réadaptation gériatrique classique et aiguë). « Dès le début de l’année 2027, nous disposerons de 18 lits pour la réadaptation gériatrique aiguë sur le site d’Yverdon. Cela permettra de prendre en charge plus rapidement les personnes qui seraient arrivées par les urgences, notamment. En réadaptation classique, il y aura 22 lits répartis entre les sites d’Orbe et d’Yverdon », précise le Dr Luiggi. 

À noter que les patientes et patients ne peuvent pas demander directement l’accès à un lit de réadaptation. Cela se fait soit en parallèle d’une hospitalisation, soit sur demande du médecin traitant. La durée du séjour est variable en fonction de l’état de la personne, mais elle est de 21 jours en moyenne.

Nos hôpitaux pour la réadaptation gériatrique dès 2027
  • Hôpital d’Yverdon, Rue d'Entremonts 11, 1400 Yverdon-les-Bains (réadaptation classique et aiguë)
  • Hôpital d’Orbe, Chem. de la Magnenette 2, 1350 Orbe (réadaptation classique)

Par Yseult Théraulaz, journaliste Planète Santé