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Perdre du poids pour retrouver la santé

L’obésité peut être régulée grâce à une intervention gastrique. Une solution avantageuse qui demande cependant une longue préparation. Témoignage de Christophe Schowing, un patient opéré à Yverdon-les-Bains.

« Ma garde-robe a dû être entièrement renouvelée, sous-vêtements et chaussures compris. J’ai perdu une pointure suite à l’opération. Mais désormais, je peux aller acheter des vêtements dans n’importe quel magasin, une vraie libération », se réjouit Christophe Schowing, 54 ans, qui a subi une opération gastrique en janvier 2018 au Centre d’obésité et de chirurgie bariatrique de l’hôpital d’Yverdon-les-Bains. L’intervention exige une longue préparation. Pour lui, elle aura duré près de dix-huit mois.

Août 2016, 127 kg

Depuis l’âge de 10 ans, Christophe Schowing souffre d’un rapport excessif à son alimentation. « En internat, j’ai vécu des choses intenables, j’ai commencé à manger pour me protéger, il m’a fallu beaucoup de temps pour que je prenne conscience que ça me détruisait. » Conséquence : le Vaudois souffre notamment de diabète, d’hypertension, de calculs rénaux et d’apnée du sommeil. C’est en mesurant un jour la difficulté qu’il éprouve à gravir les escaliers que sa décision est prise. « Je me suis rendu au Centre d’obésité pour leur raconter mon histoire. On m’a alors expliqué les bienfaits de la chirurgie bariatrique pour des personnes se trouvant dans ma situation. »

Janvier 2018, 118 kg

L’opération se prépare durant dix-huit mois – en groupe et en collaboration avec des médecins – sur le plan physique et psychologique. « Un des objectifs consiste à apprendre à consacrer du temps aux moments des repas et à bien mastiquer. Avant ces cours, j’engloutissais systématiquement les plats. » Pour ancrer sa motivation, Christophe Schowing prend appui sur une photo de lui à 17 ans. C’est l’allure qu’il souhaite retrouver après l’intervention. En janvier 2018, le feu vert est donné. Il a alors déjà perdu une dizaine de kilos. L’opération se déroule sous anesthésie générale et dure entre 1h30 et 2h30. « Les hommes sont souvent plus difficiles à opérer, car la graisse se concentre autour du ventre, contrairement aux femmes où elle a tendance à se répartir autour des cuisses. L’accès à l’intestin durant l’intervention peut ainsi être compliqué. » précise Dorota Teterycz, spécialisée en chirurgie viscérale.

Octobre 2019, 77 kg

Un peu moins de deux ans après l’opération, Christophe Schowing parvient à maintenir son poids. « Peu après l’intervention, j’ai traversé une phase compliquée. L’angoisse de reprendre des kilos m’empêchait de m’alimenter correctement. » Un contrôle au Centre d’obésité et de chirurgie bariatrique l'a cependant rassuré et il a pu reprendre un rythme de vie plus serein. « La perte de poids après la pose du bypass a été particulièrement rapide. Il est troublant de voir son corps évoluer si rapidement. » Le Vaudois souligne l’importance du suivi psychologique pour être prêt face à cette métamorphose. « Je ne souffrais pas directement de mon apparence physique. Elle était même un atout pour mon métier d’agent de détention. J’avais l’impression que mon physique permettait d’imposer une forme d’autorité. Avec le recul, je me rends compte que cela ne compte pas. » Diabète, hypertension, calculs rénaux et apnée du sommeil ne font plus partie de son quotidien. « Je suis comme le phénix qui renaît de ses cendres. » Une transformation que Christophe Schowing, auparavant uniquement vêtu de couleurs sombres, aime rappeler en arborant à présent des habits richement colorés.

Jeremie Bierer

Christophe Schowing, un patient du Centre d’obésité et de chirurgie bariatrique opéré à Yverdon-les-Bains.

 

Anik Leimgruber
Diététicienne spécialisée aux eHnv

La diététicienne Anik Leimgruber fait partie de l’équipe pluridisciplinaire encadrant les patients en préparation pour une opération bariatrique au sein des Établissements hospitaliers du Nord vaudois.

En quoi consiste une opération bariatrique ?

L’intervention implique une modification de l’anatomie du système digestif grâce à des techniques qui visent à réduire la taille de l’estomac et à provoquer une malabsorption. C’est une opération lourde, elle ne peut donc pas être motivée uniquement par un critère esthétique.

Quel est l’axe principal du parcours de préparation ?

Il est multiple, le patient doit d’abord prendre conscience de ce qui le pousse à manger. Il travaille aussi à retrouver les sensations de faim et de rassasiement. La préparation consiste également à renforcer l’affirmation de soi tout en diminuant le sentiment de culpabilité.

Quel est le suivi post-opératoire ?

L’intervention est généralement suivie d’une phase appelée lune de miel, durant laquelle la perte de poids est facilitée. Il est important d’accompagner les patients en postopératoire afin qu’ils puissent adopter de nouvelles habitudes à long terme.

 

Texte : Carole Extermann
Photographie : Jeremy Bierer 

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