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La vie en EMS durant la pandémie

À Saint-Loup, les résidents de l’établissement Le Nozon faisaient partie des personnes à risque. Ils ont tous eu la chance d’être épargnés par le virus. Mais la crise a mis en lumière leur isolement.

«L’isolement faisait déjà partie du quotidien des résidents avant le coronavirus», pointe Luis Borges, qui travaille à l’établissement Le Nozon, à Saint-Loup. La crise a porté une lumière crue sur cette réalité. «Les résidents ont d’ordinaire déjà peu de contacts avec la société, elles sont naturellement confinées. C’est durant toute l’année qu’il faudrait faire plus attention à nos aînés», estime le cadre de proximité.

Le personnel soignant porte un masque en permanence auprès des résidents.
Le personnel soignant porte un masque en permanence auprès des résidents afin de minimiser tout risque de propagation du virus.


À l’unité d’hébergement de Saint-Loup, la moitié des résidents souffrent de problèmes cognitifs. Il était difficile pour eux de comprendre les enjeux de la crise. «Mais même lorsque la personne n’est plus entièrement consciente, la mémoire émotionnelle reste active, explique Luis Borges. Les visites jouent donc un rôle capital pour le bien-être de ces personnes. Après deux mois de pandémie, nous avons constaté une augmentation de la fatigue et du nombre de chutes chez nos patients.»

Durant la pandémie, les repas se prennent en effectifs réduits, directement dans les étages. Un aménagement provisoire, qui s’avère finalement particulièrement agréable pour les résidents.
Durant la pandémie, les repas se prennent en effectifs réduits, directement dans les étages. Un aménagement provisoire, qui s’avère finalement particulièrement agréable pour les résidents.


L’établissement a eu la chance d’être épargné par la maladie. Parmi les 29 résidents, pas un seul n’a été infecté. Aucune mesure radicale, telle que l’isolement individuel en chambre n’a dû être prise. Par contre, certaines habitudes ont été modifiées afin de garantir la sécurité des aînés. «Au lieu de rassembler tout le monde dans la grande salle pour le repas, nous avons servi les repas à l’étage, en sous-groupes. Nous avons également réaménagé les salons pour assurer le plus de distance possible entre les personnes.»

Pour maintenir le lien avec les familles, la dizaine de résidents qui ont l’habitude de recevoir des visites ont dû trouver différentes astuces. «Nous les avons aidés à communiquer par vidéo avec leurs proches. Certaines familles sont même venues aux fenêtres pour partager un moment tout en respectant les mesures de sécurité.»

L’établissement du Nozon est situé à l’écart du centre hospitalier principal, un avantage notable en période de coronavirus.
L’établissement du Nozon est situé à l’écart du centre hospitalier principal, un avantage notable en période de coronavirus.


Du côté de l’équipe, chacun a été particulièrement attentif, dans sa sphère privée également, afin de s’exposer le moins possible au virus. Les espaces ont été davantage désinfectés et le personnel soignant a porté le masque en permanence. «La traversée de cette crise a été malgré tout une opportunité d’apporter des améliorations dans notre fonctionnement. Nous avons par exemple eu des retours particulièrement positifs sur les repas en petits effectifs. Ces moments ont permis aux résidents d’échanger davantage entre eux. En raison du coronavirus nous avons aussi apporté plus de soins individuels aux personnes, ce qui a été également vivement apprécié.»

Les animations ont été supprimées durant la crise. Le manque de contacts humains extérieurs se fait ressentir même parmi les patients atteints de problèmes cognitifs.
Les animations ont été supprimées durant la crise. Le manque de contacts humains extérieurs se fait ressentir même parmi les patients atteints de problèmes cognitifs.
 
Texte : Carole Extermann
Photographies : William Gammuto

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